Orchestrer des agents pour construire plus vite
Pendant des années, aller plus vite voulait dire taper plus vite. Depuis quelques mois, ça veut dire autre chose : décomposer un problème, lancer plusieurs agents en parallèle, et garder pour moi la seule chose qu’ils ne savent pas faire · décider de ce qui est juste.
L’erreur de débutant, c’est de demander à un agent de « tout faire ». On obtient une bouillie plausible et fausse. Ce qui marche, c’est l’orchestration : découper le travail en tâches indépendantes, en lancer plusieurs de front, puis recoudre les résultats. La vitesse ne vient pas d’un agent plus malin, elle vient du parallélisme et d’un découpage honnête.
Le motif qui change tout, c’est la vérification adversariale. Pour chaque trouvaille, je lance des sceptiques dont la consigne est de réfuter, pas de valider. Une affirmation qui survit à trois tentatives de démolition mérite qu’on s’y arrête. Celle qui tombe m’a coûté quelques secondes au lieu d’une heure de débogage en aval. C’est la différence entre un brouillon impressionnant et un résultat sur lequel on engage sa signature.
Reste le piège : déléguer le jugement. Un agent ne sait pas que ton thème ne doit jamais virer au chaud, que cette route admin doit rester discrète, que ce compromis-là est inacceptable pour ce client. La règle que je m’impose : l’agent produit, l’humain tranche. Tant que la décision finale reste de mon côté, l’armée d’agents est un démultiplicateur. Le jour où je la laisse décider, c’est juste une façon rapide de se tromper en grand.
Concrètement, mes meilleures sessions ressemblent à ça : une phase de recherche en éventail (plusieurs angles fouillés en parallèle), une synthèse que je relis, puis une implémentation cohérente faite d’une seule main pour ne pas multiplier les conflits. L’agent défriche ; je construis. Et quand quelque chose me semble trop beau, je le fais réfuter avant de le croire.